vendredi 6 janvier 2012

"En un monde parfait" de Laura Kasischke

"Jiselle, trentenaire et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement idyllique qu’elle accepte aussitôt, quittant les tracasseries de sa vie d’hôtesse de l’air pour celle, a priori plus apaisante, de femme au foyer. C’est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, lui donnant des allures de pays en état de guerre. Tandis que les événements s’accélèrent autour d’elle, l’existence de Jiselle prend un tour dramatique, l’obligeant à puiser dans ses ressources pour affronter cette situation inédite..."

Une histoire de conte de fée  : une jolie hôtesse de l'air qui épouse le séduisant commandant de bord.
Et dans les 2 premières pages un fait inattendu : la mort de Britney Spears...
Mais où va nous emmener ce livre???

La vie de Jiselle va se transformer du jour au lendemain. en épousant Mark. Elle devient à la fois femme, belle-mère et mère au foyer. Pas facile de prendre ses repères dans cette nouvelle vie lorsque son mari est plus souvent absent qu'à la maison. Il n'est pas là pour la soutenir dans ses relations avec les deux ados, Sara et Camilla. Si l'une semble faussement indifférente, l'autre est très clairement hostile. 
Malgré tout, Jiselle s'accroche, notamment grâce au petit Sam dont elle acquière rapidement la confiance. 
Tout ceci pourrait paraître banal si il n'y avait cette grippe de Phoenix qui ravage les Etats-Unis et les force à un retour en arrière brutal.
Jiselle va tenir la maison, la famille, pour leur faire traverser cette épreuve. 
Le lecteur est embarqué par la précision de Laura Kasischke pour décrire les situations mais surtout les sentiments de ses personnages.
La tension monte doucement. On se demande un peu où nous allons mais le style est agréable et on se laisse guider par l'auteur qui fait évoluer tranquillement personnage et histoire de fond.

Merci Père Noël !!

Quel plaisir de découvrir au pied du sapin de nombreux livres :

Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows.

La délicatesse de David Foenkinos (à lire vite avant d'aller au ciné!).

Rani de Jean Van Hamme et François Forestier (je découvre).

L'intégrale de la magnifique BD Le Chat du Rabbin de Joann Sfar (youhou!!).

et Geluck Enfonce le clou pour se détendre!

Merci merci !!

Et bonne année de lecture à toutes et à tous!

Les découvertes des triplettes : Noël, une fête pleine d'embuches

"Il paraît que le Père Noël ne visite que les enfants sages ! Pour les Triplettes et leurs compères ce n’est pas un problème car ils sont toujours exemplaires… entre deux boulettes.
Cinq histoires à lire sur le thème de Noël :
1 – Jamais de défaite 
2 – La crèche aux petites bêtes
3 – De la neige comme des paillettes 
4 – Une dinde grassouillette 
5 – Le Père Noël, une créature secrète."

Nous avons reçu ce livre dans le cadre de masse critique jeunesse sur Babelio.
C'est un petit livre composé de 5 histoires drôles et faciles à lire. Simon est en CE1 et il n'a eu aucune difficulté à le lire seul. Les mots difficiles sont expliqués.
Les triplettes nous ont accompagnés jusqu'à Noël avec leurs aventures pour décorer la maison, attraper la dinde ou encore déneiger devant chez elles.
Rien à voir avec les traditionnelles histoires de Noël sur les enfants sages...Ici on nous donne de bonnes idées de bêtises!! Et c'est ce qui a le plus plu à mes enfants!!

Merci à Babelio et aux éditions Adabam.

mercredi 14 décembre 2011

Véronique Olmi

"Un auteur, deux courts romans, sur cette chose si fragile et si merveilleuse, parfois si cruelle : la famille."
Bord de mer :
"Dans le premier, une jeune femme emmène ses enfants voir la mer.
Ils ont pris l'autocar de nuit, en plein hiver, et les petits s'inquiètent de rater l'école. La ville est hostile, l'hôtel lugubre, le froid perçant et la pluie tombe sans discontinuer. Mais il faut y croire, coûte que coûte, pour les enfants... jusqu'où ?"

Une histoire qui tient en 80 pages mais je l'ai lu en plusieurs fois pour ne pas me laisser ensevelir par le désespoir de cette femme. Dès les premières lignes on comprend où Véronique Olmi veut nous emmener mais on espère tout au long que ce sera moins tragique.
Elle réussit, avec une justesse incroyable, à traduire des pensées les plus douloureuses, les plus incompréhensibles de cette maman désemparée...
Un livre dur, sur un sujet qu'il faut avoir le courage d'affronter. Un tout petit livre qui vient bouleverser le quotidien.
Un grand bravo à Véronique Olmi pour avoir osé, et surtout pour l'avoir si bien fait.
 "La nuit je dors mal. L'angoisse. Je pourrais pas dire de quoi. C'est quelque chose de posé sur moi...comme si on s'asseyait sur moi, exactement. Je suis là pour personne. On est assis sur moi. Qui peut comprendre ça? La nuit on m'étouffe."
"Il faut se raisonner. C'est ce qu'ils disent. D'ailleurs toutes leurs phrases commencent comme ça : il faut. Moi, j'entends : une faute, une faute, une faute."

Numéro six :
"Véronique Olmi nous plonge ensuite dans l'intimité de Fanny. Lorsqu'elle est née, elle avait déjà cinq frères et sœurs bien plus âgés. Pour son père, autoritaire et lointain, elle n'est que le numéro six.
C'est l'amour de celui-ci qui sera la quête éperdue de la petite fille, de l'adolescente, puis de la femme
."

Une autre court roman de Véronique Olmi, où elle traite, une nouvelle fois avec beaucoup de justesse, des sentiments d'une fille pour son père. Une quête d'amour et de reconnaissance, pour un père, autoritaire, blessé par la guerre et ne montrant jamais ses sentiments. 
"Moi, quand elle est morte, j'ai pensé que c'était mon tour. J'allais te redonner le goût de vivre, nous allions avoir notre temps. J'étais prête pour le début de notre histoire. Tu n'étais déjà plus là."

dimanche 4 décembre 2011

"La couleur des sentiments" de Kathryn Stockett

"Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.


Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.
"

Ça fait déjà un moment que je l'ai terminé mais je n'arrive pas à me lancer dans mon message...pas envie! Peut-être que tout à déjà été dit dans les nombreuses critiques comme ici sur babelio où l'on en trouve 114 !!
Je préfère n'en garder que quelques citations :

"C’est depuis la nuit des temps que les Blancs empêchent les Noirs de dire ce qu’ils pensent...

"Moi je m'occupe des bébés des Blancs, voilà ce que je fais, et en plus, de tout le boulot de la cuisine et du ménage. J'en ai élevé dix-sept de ces petits, dans ma vie. Je sais comment les endormir, les calmer quand ils pleurent et les mettre sur le pot le matin, avant que les mamans aient seulement le temps de sortir du lit. "

"J’ai envie de crier assez fort pour que Baby Girl m’entende, de crier que sale, c’est pas une couleur, que les maladies, c’est pas les Noirs. Je voudrais empêcher que le moment arrive –comme il arrive dans la vie de tout enfant blanc – où elle va se mettre à penser que les Noirs sont moins bien que les Blancs."

"J'en revenais pas de m'apercevoir que le monde était toujours là, qu'il s'était pas éteint comme ça, parce que mon garçon était mort."

"N’était ce pas le sujet du livre ? Amener les femmes à comprendre. Nous sommes simplement deux personnes. Il n’y a pas tant de choses qui nous séparent. Pas autant que je l’aurais cru."

Et une belle Histoire :
"- Aujourd’hui, je vais te raconter l’histoire d’un extra-terrestre. (…) Un jour, un martien plein de sagesse descendit sur la Terre pour nous apprendre une ou deux choses.
- Un martien ? Grand comment ?
- Oh environ deux mètres !
- Comment il s’appelait ?
- Martien Luther King. (…) C’était un très gentil martien ce Luther King, exactement comme nous, avec un nez, une bouche et des cheveux sur la tête, mais les gens le regardaient parfois d’un drôle d’air, et je crois qu’il y en avait qui étaient carrément méchants avec lui.
- Pourquoi Aibi ? Pourquoi ils étaient méchants avec lui ?
- Parce qu’il était vert."

samedi 19 novembre 2011

"Les tilleuls mentent" de Muriel Batave-Matton

"Jeune universitaire, Sébastien a tout pour réussir et croquer la vie à pleines dents. Quelle mouche le pique alors de vouloir s'installer seul, dans la campagne corrézienne avec son chien et sa chatte, insensible aux interrogations et aux remarques de ses amis ?"

Muriel Batave-Matton, née en 1957, est professeur de Lettres dans un collège du Tarn à Albi. En 2009, suite au décès de sa mère, elle découvre les vertus thérapeutiques de l'écriture et signe coup sur coup, deux récits autobiographiques, Des mots sur mes maux et Si tu l'as mérité Gagnée par le virus de l'écriture et encouragée par ses proches, elle publie avec Les tilleuls mentent son premier roman.

Une petite bulle de douceur et une étincelle de bonheur. Voici ce que je ressens à refermant ce livre.
C'est un tout petit livre pour une petite heure d'évasion au coin du feu.
L'écriture de Muriel Batave-Matton est douce et simple. Elle nous introduit discrètement dans le vieille maison de Corrèze avec Sébastien. On s'attache vite à ce personnage que l'on sent meurtri par son passé même si rien n'est vraiment dit. D'ailleurs, l'auteure va toujours droit à l'essentiel. Les ellipses temporelles prennent un peu au dépourvu au début mais on comprend bien son but de nous emmener vite là où elle souhaite...un peu comme Sébastien.
A la lecture de ce livre, on essaye de se faire tout petit pour ne surtout pas troubler le déroulement de l'histoire : le retrait de Sébastien dans son havre de paix, la rencontre avec Gaëlle et cette belle histoire d'amour. Là encore, rien d'extravagant, juste de la sincérité et des sentiments.
Et pour ne rien gâcher, quelques pointes d'humour avec les discussions entre le chien Ouaf et la chatte Socquette. Mais cette dernière est surtout la voix de la sagesse :
"Tu es riche de ce passé, de ces racines... Les souvenirs peuvent, si tu le veux, t'aider à vivre... Laisse-les t'aider et tourne-toi vers l'avenir..."

Une jolie découverte, on est tellement bien installé qu'on aimerait  rester un peu plus longtemps.
Je suis retournée avec plaisir me promener dans les rues de Vannes...un doux retour aux sources!

Merci aux Éditions Baudelaire et au site des agents littéraires pour ce partenariat. 

"Le fils interrompu" de André Miquel

"Le fils interrompu n'est pas un roman, mais un témoignage. Ce sont les pages du journal que l'auteur a tenu presque au jour le jour, pendant un an, et qui lui a permis peut-être de survivre tandis que son fils de quatorze ans, atteint d'un cancer, se mourait sous ses yeux.
C'est une longue errance entre l'épouvante et l'espoir, un cri d'amour qui, à travers la mort de l'être aimé et malgré l'horreur de cette mort, s'achève en un acte de foi.
Face à l'agonie de son fils, un père déchiré entrevoit ce que peut être la sainteté.
"

 Je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture que je viens d'achever..c'est émouvant, dur, injuste. C'est aussi un grand message d'amour d'un père pour son fils et une belle leçon de courage et de lucidité d'un enfant qui affronte sa propre mort.
Malgré tout, l'écriture n'est pas limpide et il est parfois difficile de suivre le cours de ses pensées. Cela s'explique surement par le fait que ce n'est pas un récit mais un carnet écrit au jour le jour pendant un an.
Beaucoup de jours de douleur et de souffrance, mais aussi les souvenirs d'une famille unie et très entourée, d'une enfance heureuse trop tôt interrompue.
André Miquel et son fils Pierre ont la foi, ils s'y accrochent et y trouvent des réponses pour soulager leurs angoisses face à la mort inéluctable.
Je n'ai pas réussi à m'immerger dans cette famille comme j'ai pu le faire au travers d'autres témoignages.

Ce livre à 40 ans...et pourtant aujourd'hui encore, des enfants sont enlevés à leurs parents par ce fichu cancer...

"A l'infirmière, nous le savons maintenant, il a dit : "Qu'importe ce que je deviendrai? Tout ça servira pou d'autres."".

Un portrait d'André Miquel ICI