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mardi 26 mars 2013

"La maison en petits cubes" de Kunio Katô et Kenya Hirata

"Dans une ville entièrement immergée, un vieux monsieur résiste encore et toujours à la montée du niveau de la mer. Chaque fois que l’eau atteint son plancher, il est obligé de bâtir une nouvelle maison par-dessus la précédente, si bien qu’au fil du temps son logis a fini par ressembler à une immense pile de petits cubes. Un jour, alors qu’il s’est encore une fois lancé dans la construction d’une nouvelle demeure, ses outils tombent tout au fond de l’eau. Il enfile sa combinaison pour aller les repêcher, et au fur et à mesure qu’il descend à travers ses anciennes maisons, de lointains souvenirs lui reviennent en mémoire…"

Tout d'abord, merci à Libfly et aux éditions nobi nobi! pour ce partenariat. 
J'avais lu beaucoup de critiques élogieuses sur ce livre et, n'ayant pas encore eu le temps de me le procurer, j'ai été ravie de la proposition de Libfly. 

Belle surprise en ouvrant le colis, la couverture est magnifique. Elle est à l'image de l'ensemble des illustrations du livre : des dessins doux, aux couleurs pastels.
Les enfants ont plongé dedans. J'ai du lire l'histoire au moins 5 fois la première semaine!
Leurs réactions sont à peu près celles-ci :
"Il a de la chance le monsieur de vivre dans cette maison."
"Oui mais c'est un peu triste quand même, il est tout seul au milieu de l'eau et sa femme est morte."
"C'est amusant de se souvenir de tout ce qu'il a fait."
"Et il a été heureux."
Je trouve qu'ils résument assez bien l'histoire. C'est à la fois triste et plein de doux souvenirs heureux. 
Un bel album pour parler de la mort, du souvenir et de la famille.
Le texte est simple et les illustrations le complètent grâce à tous ces petits détails que l'on repère au fil des lectures et relectures! 
Un album a découvrir et à offrir.

"La belle indifférence" de Sarah Hall

Sept histoires habilement composées, précises, sensuelles, nourries d'adrénaline, traversées par une sensation de violence sans cesse latente. » Helen Simpson, The Guardian
« Ces histoires nous prennent toujours au dépourvu, contrariant les attentes dramatiques les plus évidentes... et en deviennent ainsi d'autant plus dramatiques. Cette prose est magnifique. » The Times
« Les prouesses de l'écriture de Sarah Hall, déjà justement célébrées par le passé, sont d'autant plus perceptibles au fil de ce recueil. Elle évoque les lieux, les paysages, avec talent et sensualité... Les changements de narration d'une histoire à l'autre sont aussi maîtrisés que saisissants. » Jodie Mullish, The Telegraph
« Sarah Hall est une artiste au talent aussi considérable que concis. Chaque histoire est un bijou. Ainsi rassemblées, elles constituent un recueil au pouvoir extraordinairement sensuel. » The Sunday Times
."

Tout d'abord merci à Babelio et aux éditions Christian Bourgois pour ce partenariat dans le cadre de Masse Critique.
La quatrième de couverture m'a attirée, ainsi que le fait qu'il s'agisse d'un recueil de nouvelles. Je n'ai pas l'habitude d'en lire.
Je suis un peu prise au dépourvu pour donner mon ressenti...c'est difficile d'expliquer ce qui se passe au cours de cette lecture. L'écriture de Sarah Hall est agréable et facile à suivre mais les histoires sont déconcertantes. Souvent très tristes, parfois dérangeantes et de manière générale assez noires. Je n'ai pas toujours compris où l'auteur voulait en venir...
J'avoue que j'aurai surement eu du mal à lire un livre entier mais les nouvelles étant assez courtes, elles m'ont entrainée pour aller toujours plus loin.
J'ai été touchée par la nouvelle "La belle indifférence" qui a raisonné d'une manière particulière pour moi. 
"L'agence" m'a amusée...mais c'est quand même un regard un peu particulier sur les femmes!

Sarah Hall, avec ces 7 nouvelles, nous emmène dans des univers très différents reliés par leur côté tragique.

samedi 16 février 2013

"Les démons de l'île Saint-Louis" de Peter Burley

"Mark, jeune journaliste anglais, vit son heure de gloire lorsqu’il fait tomber Simon Richards, grand patron milliardaire et corrompu. Vingt ans plus tard, la roue a tourné pour Mark, désormais divorcé, inactif et amer. Lorsqu’on lui propose de faire un article sur Sandrine Laperrière, fille du milliardaire Simon Richards, Mark pense saisir une opportunité rêvée pour retrouver son statut de journaliste reconnu. Il part à Paris où la riche héritière vit recluse et se lance alors dans une enquête pleine de dangers qui va faire vaciller ses certitudes passées…"

Une enquête qui ne déborde pas d'actions ou de grands frissons. Peter Burley ne révolutionne pas le genre et les personnages sont assez stéréotypés : le journaliste raté, la riche agoraphobe, le trafiquant chinois, le flic obsédé, etc.
Pour autant, le rythme se tient, facilité par une écriture simple et fluide. Ce n'est pas le genre de polar que l'on n'arrive pas à lâcher avant la fin, mais j'ai tout de même passé un bon moment de lecture et l'intrigue m'a beaucoup plu.

Merci à babelio et aux éditions Kero pour ce partenariat.

mercredi 23 janvier 2013

Rattrapage...

Mon blog étant à l'abandon, je vais essayer de me rattraper un peu...
Voici quelques livres lus fin 2012.

 "Sexe, diamants et plus si affinités..." de Lauren Weisberger
"Emmy, Leigh et Adriana sont amies depuis six ans.
Belles, sexy, dans le vent, elles connaissent par coeur tous les endroits tendance de Manhattan. Pourtant, lors d'une soirée un peu trop arrosée, elles font un pacte qui va bouleverser leur existence : chacune des trois doit changer radicalement de comportement surtout à l'égard du sexe fort ! Mais si transformer une bomba latina en jeune mariée n'est pas une mince affaire, convertir une grande romantique au libertinage relève presque du miracle.
Quant à faire dévier du droit chemin une workaholic sur le point d'épouser l'homme de sa vie et de s'installer dans l'appartement de ses rêves, c'est carrément mission impossible ! Sauf que, c'est bien connu, la vie est pleine de surprises.
"

J'ai attaqué la rentrée avec ce livre histoire de rester un peu dans l'ambiance légère des vacances! Je me suis régalée comme à chaque fois avec Weisberger.


"La nuit a dévoré le monde" de Martin Page
"Quand les hommes se transforment en zombies, et qu'un jeune écrivain se trouve seul confronté à cette violente apocalypse, il n'est finalement pas si surpris. Depuis longtemps l'homme a fait preuve de sa décadence et de sa cruauté. Aujourd'hui, un pas de plus dans l'abomination a été franchi : il est devenu un monstre anthropophage. Face à cette nuit de cauchemar, tel Robinson sur son île, le jeune survivant s'organise."
Tout d'abord, merci à vendredi lecture qui m'a fait gagner ce livre et aux éditions Laffont.
Je ne vais pas tourner autour du pot, je me suis ennuyée ferme, j'ai mis un temps fou à arriver au bout. Je me suis forcée à finir en me disant "il finira bien par me plaire"....ba non...
D'après la critique, l'intérêt du livre n'est pas dans l'action (heureusement!) mais dans l'évolution du personnage, son dialogue intérieur et le regard qu'il porte sur son monde dévasté. Personnellement, j'ai trouvé ça plat et sans aucune originalité. 

Après cette déception, je me suis jetée dans "Le havre des morts" de Patricia Cornwell.

"À Dover, sur l unique base aérienne militaire US qui reçoit les soldats morts au combat, Kay Scarpetta se forme aux techniques révolutionnaires de l autopsie virtuelle. Elle est très vite mise à l épreuve : un jeune homme a été trouvé mort près de chez elle, à Cambridge. Crise cardiaque, selon les premières constatations. Mais comment expliquer qu il ait saigné après son arrivée à la morgue, sinon parce qu il était encore vivant ? Une radiographie en 3D révèle des blessures que Scarpetta n a jamais vues. Elle se trouve dès lors confrontée à un passé qu elle croyait enfoui et à un dilemme plus que complexe. Déterminée à conclure avant qu il ne soit trop tard, Dr. Scarpetta utilise les techniques de pointe apprises au Havre des morts pour confirmer ses suspicions."

 Je n'avais pas lu Patricia Cornwell depuis bien longtemps, j'étais pleine d'attente d'action et de frissons!
Et bien, me voilà déçue à nouveau. J'avais le souvenirs du suspens des livres précédents... Là je me suis ennuyée dans cette histoire où, certes on apprend beaucoup de choses sur les nano technologies, mais où on n'est jamais tenu en haleine. Une maigre poursuite en voiture au départ...une vague montée d'adrénaline à la fin...mais c'est tellement prévisible et bâclé que ça n'a aucun intérêt...

Fort heureusement, j'ai enchaînée avec "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" de Mary Ann Shaffer et Annie Barows

"Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique.

 Je savais que les critiques étaient bonnes mais n'avais rien lu de particulier à son sujet... J'ai donc découvert l'histoire en l'ouvrant. L'originalité du livre réside dans la succession de lettres entre les habitants de Guernesey et Juliet, et entre Juliet et ses amis. 
C'est simple, plein d'humour et en même temps il y a un petit côté historique. Qui connaissait l'histoire de Guernesey pendant la guerre??
Je me suis régalée, non pas de tourtes aux épluchures de patates, mais du charme de ce livre et de l'île.
Un vrai délice! 

"Marsupilami, Santa Calamidad" de Batem et Colman

 Aïe aïe aïe, pas de messages depuis août...il va falloir que je rattrape ce retard!!
 Commençons par le coin des petits!

"Houba ! Cap sur l'aventure ! Après son triomphe sur grand écran, le Marsu réintègre ses cases pour une nouvelle aventure trépidante, pleine d'humour, d'action et de rebondissements. Embarquez-vous pour un extraordinaire voyage dans le temps, à la recherche du Santa Calamidad, intrépide galion espagnol, parti à la conquête du Nouveau Monde. Un album 24 carats concocté par Batem et Colman."

Merci à Babelio et aux éditions Marsu Productions pour ce 26ème tome reçu dans le cadre de masse critique.
J'ai mis un peu de temps avant de pouvoir le lire...mon fils (8 ans) étant en permanence le nez dedans!! Il a découvert le marsupilami en BD et il a adoré. De son avis, c'est très drôle, le marsupilami est rigolo, les dessins sont jolis et l'histoire facile à comprendre! Voilà pour sa petite critique personnelle!
De mon côté je me suis délectée des jeux de mots et des clins d’œil comme celui sur la fin du monde.
L'ambiance et les dessins sont effectivement très bien réussis.
Une BD bien sympa à mettre entre toutes les jeunes mains...et les autres aussi.

Encore un grand merci de la part de mon fils qui me demande quand aura lieu la prochaine opération masse critique!! ça y est, il est accroc lui aussi ;-)

jeudi 16 août 2012

"Tendez-nous la main" de Abdel Belmokadem

« Avec ce livre, je veux montrer qu’on peut renoncer à la fatalité, ne pas vivre sa différence comme une injustice, mais comme une force et un point d’appui. J’ai eu la chance de rencontrer sur ma route des personnes d’autres milieux sociaux, qui ont cru en moi et m’ont aidé à grandir. Mon histoire est la démonstration que tout est possible, à condition de le vouloir et d’oser faire un pas vers l’autre. Ce livre est un message d’espoir mais aussi une alerte : aujourd’hui, les quartiers sont étrangement calmes. Jamais la situation des jeunes n’y a été aussi dure. Il est urgent de leur tendre la main. »

 J'ai reçu ce livre, avec un peu de retard, dans le cadre de Masse Critique du mois de mai sur Babelio. Je l'ai terminé juste avant l'annonce de la création des "zones de sécurité prioritaires" et du déclenchement des émeutes d'Amiens... Un livre plus que d'actualité donc...

 Abdel Belmokadem est né et a grandit à Vaux-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. Très vite il cherche à se démarquer des autres et grâce à sa rage de vaincre, il progresse dans le monde de la boxe, ce qui lui permet de sortir un peu de son quartier.
Le jour où il devient enfin boxeur professionnel, il décide de tout arrêter. Il galère d'un boulot à un autre quand se déclenchent les émeutes de 1990. Avec quelques potes, il sillonne le quartier et tente de faire revenir le calme. La mairie du Vaux-en-Velin lui offre, en 1993, le premier poste de médiateur. 
Après plusieurs années sur ce poste, il crée sa propre entreprise "nes&cité", qui vient en aide aux jeunes des quartiers dans toutes les zones urbaines sensibles. Il met sa démarche et son expérience au service des Communes ou des entreprises qui le sollicitent.

Le constat d'Abdel Belmokadem est celui-ci :
"Le fait de grandir à l'intérieur d'un quartier pendant quinze ou vingt ans crée des cloisonnement dans la tête. Du coup, quand tu as vingt ans et que tu dois aller à la mission locale ou au Pôle Emploi, qui se trouve dans le centre-ville, à cinq minutes en bus, c'est un expédition. En plus c'est un territoire que tu ne connais pas, dont tu ne maîtrise pas les codes. Mentalement, ça suffit pour faire barrage."

 Pour lui, le solution ne viendra pas d'un renforcement policier mais bien d'un accompagnement des jeunes, parfois individuellement, vers l'emploi.
Adepte de jeux d'échec, il avance ses pions un à un dans les quartiers grâce au sport, à l'emploi et aux différents médiateurs qu'il forme. Sa connaissance de la vie de quartier et du fonctionnement des groupes lui permet d'isoler les "suiveurs" pour les réinsérer et ensuite approcher les leaders.
Il amène les jeunes vers l'emploi mais sans leur fournir clé en main. Il facilite les rencontres avec les entreprises grâce à ses opérations "Jobs et cité" mais il ne peut pas passer l'entretien à leur place, à eux de savoir se vendre. Il les entraîne parfois comme pour un match de boxe.
"Si ça n'a pas marché, si t'es pas content, c'est qu'il y a un problème. Il faut l'identifier. Pour une partie, le problème vient peut-être de nous, mais pour une autre, il vient sans doute de toi. Sur notre partie, je veux bien qu'on regarde, mais sur la tienne, j'aimerais aussi qu'on en parle. Tu n'y arriveras que si tu te poses la question."

Chef d'entreprise, élu municipal, il reste surtout un homme de terrain qui va vers les jeunes, vers les élus et les entreprises, pour créer du lien et faire tomber les préjugés.
Vu le contexte des derniers jours, ce livre devrait être mis entre les mains de tous nos dirigeants nationaux et locaux. Pour ma part, je vais le laisser trainer un peu sur mon bureau à la mairie!

"Si je tends la main aux jeunes des quartiers, c'est parce que beaucoup l'ont fait avec moi. De Philippe Oddou à Saïd, tous m'ont éduqué, dans le bon sens du terme : ils m'ont passé le témoin. Moi, je tends la main à quelqu'un d'autre, je lui passe le témoin, et si on fait ça de main en main, de quartier en quartier, de génération en génération, on finira par gagner la partie."

Merci à Babelio, aux éditions Anne Carrière et à nes & cité.
Merci à Abdel Belmokadem de partager son expérience.

mercredi 15 février 2012

"Le Troisième Jour" de Chochana Boukhobza

"Deux violoncellistes arrivent de New York pour donner un concert à Jérusalem.
Tandis que la jeune Rachel retrouve sa famille et ses amis, Elisheva prend contact avec les deux hommes qui doivent l'aider à piéger un ancien nazi.
Les deux femmes n'ont que trois jours pour mener à bien leurs projets et atteindre les buts qu'elles se sont fixés : amour, justice et liberté."

Il y a longtemps que ce livre est dans ma liste et je remercie mille fois Babelio de m'avoir sélectionnée dans le cadre de Masse Critique.
Mon intuition ne m'avait pas trompée, ce livre est un petit bijou, un vrai coup de cœur!

L'écriture de Chochana Boukhobza est douce, chantante, lumineuse. En bon chef d'orchestre, elle a pesé chaque mot, chaque détail, rien n'est laissé au hasard pour nous offrir un magnifique concerto.
En ouvrant ce livre, préparez-vous à sentir la chaleur brulante de Jérusalem (même quand il fait -15 depuis une semaine!) et laissez-vous guider dans les ruelles de la Vieille Ville.
 
Avant tout, Chochana Boukhobza nous présente une ville où se croisent des parcours, des destins et des peuples.
"J'ai senti la peau douce de Jérusalem apparaître derrière les pierres blanches, puissantes et râpeuses des murailles. Une peau douce derrière l'os de la ville. Des centaines d'hommes sont morts pour ce sanctuaire. Des milliers de jeunes gens de vingt ans y ont été blessés. Mais rien n'a changé dans la cité. Incroyable paradoxe, territoire paradoxe d'une civilisation qui s'interdit de déplacer une pierre de la ville, mais qui accepte qu'on meure pour elle."

Les histoires de chaque personnage se mêlent à l'Histoire : 
- Rachel dont les parents ont quitté la Tunisie lorsqu'elle avait 6 mois. Le passage sur leur départ est poignant. 
- Elisheva qui a été sauvée des camps de la mort par sa musique et en garde un puissant désir de vengeance,
- Carlos, le juif marrane qui travaille avec le Vatican,
- Daniel qui travaille en secret pour retrouver les responsables des crimes commis contre les juifs.
Je ne vais pas tous les citer mais chacun prend sa place dans ce récit pour nous dévoiler les milles et une facettes d'Israël et des peuples qui la composent. Ils sont tous attachants. Leurs blessures, leurs amours, leurs espoirs sont très bien traduits et les rendent très réels.

Le Troisième Jour, c'est aussi le retour au pays de Rachel et Elisheva. La découverte d'une ville qui a changé en leur absence, les retrouvailles avec des amis qui ont appris à vivre sans elles.
"J'ai compris que mes amis formaient un cercle auquel je n'appartenais plus. J'en étais sortie depuis longtemps, et je m'étais refusé à l'admettre. Ils me toléraient encore, mais la distance entre eux et moi  ne cessait de se creuser. Un jour ma compagnie ne leur serait plus indispensable. Un jour, nous n'aurions plus rien à nous dire; nos modes de vie seraient totalement inconciliables."
C'est également le choc des cultures entre la jeune génération résolument tournée vers un mode de vie moderne,  et les traditions de leurs parents dont ils ont du mal à se départir.

Pendant les trois jours qu'elles vont passer sur leur Terre, elles vont chacune renouer avec leur passé. Rachel retrouve son grand amour brutalement interrompu lors de son départ à New York, pendant qu'Elisheva mène un projet plus sombre pour venger les Juifs disparus dans les camps.

Un livre tiraillé entre Histoire, racines, traditions, passions et modernité...mais brillamment écrit!

Merci encore à Babelio et aux éditions Folio pour ce partenariat.

vendredi 6 janvier 2012

Les découvertes des triplettes : Noël, une fête pleine d'embuches

"Il paraît que le Père Noël ne visite que les enfants sages ! Pour les Triplettes et leurs compères ce n’est pas un problème car ils sont toujours exemplaires… entre deux boulettes.
Cinq histoires à lire sur le thème de Noël :
1 – Jamais de défaite 
2 – La crèche aux petites bêtes
3 – De la neige comme des paillettes 
4 – Une dinde grassouillette 
5 – Le Père Noël, une créature secrète."

Nous avons reçu ce livre dans le cadre de masse critique jeunesse sur Babelio.
C'est un petit livre composé de 5 histoires drôles et faciles à lire. Simon est en CE1 et il n'a eu aucune difficulté à le lire seul. Les mots difficiles sont expliqués.
Les triplettes nous ont accompagnés jusqu'à Noël avec leurs aventures pour décorer la maison, attraper la dinde ou encore déneiger devant chez elles.
Rien à voir avec les traditionnelles histoires de Noël sur les enfants sages...Ici on nous donne de bonnes idées de bêtises!! Et c'est ce qui a le plus plu à mes enfants!!

Merci à Babelio et aux éditions Adabam.

samedi 19 novembre 2011

"Les tilleuls mentent" de Muriel Batave-Matton

"Jeune universitaire, Sébastien a tout pour réussir et croquer la vie à pleines dents. Quelle mouche le pique alors de vouloir s'installer seul, dans la campagne corrézienne avec son chien et sa chatte, insensible aux interrogations et aux remarques de ses amis ?"

Muriel Batave-Matton, née en 1957, est professeur de Lettres dans un collège du Tarn à Albi. En 2009, suite au décès de sa mère, elle découvre les vertus thérapeutiques de l'écriture et signe coup sur coup, deux récits autobiographiques, Des mots sur mes maux et Si tu l'as mérité Gagnée par le virus de l'écriture et encouragée par ses proches, elle publie avec Les tilleuls mentent son premier roman.

Une petite bulle de douceur et une étincelle de bonheur. Voici ce que je ressens à refermant ce livre.
C'est un tout petit livre pour une petite heure d'évasion au coin du feu.
L'écriture de Muriel Batave-Matton est douce et simple. Elle nous introduit discrètement dans le vieille maison de Corrèze avec Sébastien. On s'attache vite à ce personnage que l'on sent meurtri par son passé même si rien n'est vraiment dit. D'ailleurs, l'auteure va toujours droit à l'essentiel. Les ellipses temporelles prennent un peu au dépourvu au début mais on comprend bien son but de nous emmener vite là où elle souhaite...un peu comme Sébastien.
A la lecture de ce livre, on essaye de se faire tout petit pour ne surtout pas troubler le déroulement de l'histoire : le retrait de Sébastien dans son havre de paix, la rencontre avec Gaëlle et cette belle histoire d'amour. Là encore, rien d'extravagant, juste de la sincérité et des sentiments.
Et pour ne rien gâcher, quelques pointes d'humour avec les discussions entre le chien Ouaf et la chatte Socquette. Mais cette dernière est surtout la voix de la sagesse :
"Tu es riche de ce passé, de ces racines... Les souvenirs peuvent, si tu le veux, t'aider à vivre... Laisse-les t'aider et tourne-toi vers l'avenir..."

Une jolie découverte, on est tellement bien installé qu'on aimerait  rester un peu plus longtemps.
Je suis retournée avec plaisir me promener dans les rues de Vannes...un doux retour aux sources!

Merci aux Éditions Baudelaire et au site des agents littéraires pour ce partenariat. 

dimanche 9 octobre 2011

"L'espace : livre jeu" de Jill Sawyer et Tim Wesson

"Voici un ouvrage qui peut se lire dans un sens… et se jouer dans l’autre !
Ouvrez-le côté livre et vous découvrirez plein d’informations sur l’espace : les planètes, le système solaire, les étoiles ; ouvrez-le côté jeu, dépliez : un formidable jeu de l’oie, de 2 mètres 80 de long, apparaît. Juste avant le jeu, une page abrite quatre pions-espace (une fusée, deux martiens, un pistolet de l’espace) et une toupie-dé, à monter très facilement, pour évoluer dans le jeu.
"

Le week-end dernier, nous avons profité des derniers jours de soleil pour découvrir le livre reçu lors de la dernière opération Masse Critique du site Babelio...il fallait de la place et du soleil!!
La partie livre est une explication très simple et bien illustrée du système solaire, des planètes, des étoiles, etc.
Parfait pour une première approche de l'univers! Cela nous a donné envie de réaliser une maquette!

La partie jeu est très sympa également : sa taille est originale!! Le plateau est très coloré, les personnages sont amusants et le jeu est bien équilibré entre pièges et bonus!
Nous avons vraiment passé de bons moments dans l'espace!

Mes enfants ont 4 et 7 ans. Le plus grand a surtout apprécié le livre qui lui a appris des choses et la plus petite, grande fan de jeux de société, a adoré le jeu.

Merci Babelio et les éditions Le Pommier pour ce partenariat!



mardi 13 septembre 2011

"Terre de femmes, 33 voix de la poésie féminine haïtienne" Editions Bruno Doucey

"Une moisson de prix littéraires et le séisme du 12 janvier 2010 ont permis à un large public de découvrir la vitalité de la littérature haïtienne. Des écrivains comme Dany Laferrière, Lyonel Trouillot ou Gary Victor ont rejoint Jacques Roumain et René Depestre au Panthéon des identités créoles, toutes masculines. Mais qu en est-il des femmes ? Quelle place leur poésie occupe-t-elle en Haïti ? Pour la première fois, un éditeur répond à cette question. Trente-cinq voix, venues d Haïti, des États-Unis, du Québec et de France conjuguent la poésie de langue française au féminin... Et au pluriel, tant sont diverses leurs tonalités et leurs sources d inspiration. De Virginie Sampeur, née au milieu du XIXème siècle, à Kettly Mars, de Yannick Jean à Emmelie Prophète, chacune d elles ouvre le chemin d une nouvelle espérance : celle qui permet, dans le chaos que l on sait, de «dessiner des portes de sortie»."

Cet ouvrage comprend en fait, un livre et un CD. Je ne vais parler ici que de ce dernier que j'ai reçu dans le cadre d'un partenariat avec le site des agents littéraires
Un petit mot sur ce site avant de commencer : le blog a pour but de faire connaître les livres des éditeurs indépendants et des auteurs auto-édités. Il fonctionne grâce à des partenariats. Nous recevons donc des livres en échange de critiques et d'une diffusion sur différents sites afin de les faire connaître au plus grand monde.

J'ai donc reçu le CD "Terre de femmes, 33 voix de la poésie féminine haïtienne", dont les poèmes sont extraits du livre recueil, et lus par deux comédiennes :
Paula Clermont Péan, l'une des figures majeures de la scène haïtienne. Née à Cabaret en Haïti, elle a fait des études de littérature et de théâtre aux États-Unis et en France.
Céline Liger travaille pour des compagnies de théâtre vivant et aime particulièrement mettre en voix des textes poétiques.

Leurs deux voix se succèdent, sur différents rythmes musicaux pour nous faire partager les 33 poèmes de femmes haïtiennes. Ils sont tous de langues françaises mais publiés à des époques différentes de l'Histoire d'Haïti : pendant l'indépendance, l'occupation américain, la période Duvalier jusqu'à aujourd'hui, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010.
Le livre comme le CD, ont pour but, de faire entendre la voix de femmes haïtiennes. Celles, qui, pour des raisons familiales, laissent de côté leur art, ou ne le pratique que dans les rares périodes de répit que leur permet leur rôle de femme et mère.

Les 33 poèmes choisis ont des thèmes divers mais tous nous montrent l'attachement au pays et à sa culture. Beaucoup de ces femmes vivent maintenant en France, au Québec ou ailleurs, mais leurs textes sont imprégnés de cette île : les sons, les couleurs, les odeurs, la musique, les danses, les paysages :

"S'il me fallait au monde, présenté mon pays,
je dirai la beauté, la douceur et la grâce,
de ces matins chantants, 
de ces soirs glorieux."
Marie-Thérèse Colimon (1973)

"La musique au salon
Les jeunes filles se déhanchent
Les jeunes femmes balancent mollement les hanches
Les vieilles femmes chuchotent, chuchotent..."
Célie Diaquoi-Deslandes (1969)

« La terre a soulevé mon cœur
d’un mouvement sec et violent
elle l’a déchiré
éparpillant mille morceaux
comme larmes d’oiseaux errants
aux quatre vents de mon île
et depuis
chaque nuit
j’entends les battements
hésiter à mi-chemin
entre décombres
et étoiles ».
 Évelyne Trouillot (2010)

Un bel hommage aux femmes haïtiennes, et à toutes les femmes. 
Un seul regret : ne pas avoir le livre entre les mains pour suivre plus facilement la lecture des poèmes et surtout en découvrir bien d'autres... Je vais surement me laisser tenter par un achat!

Merci aux Agents littéraires et aux éditions Sous la lime et Bruno Doucey.

lundi 12 septembre 2011

"Terezin Plage" de Morten Brask

"Dès son arrivée à Terezin en 1943, camp modèle que les nazis utilisent pour rassurer l’opinion publique sur le sort réservé aux Juifs par le Führer, Daniel Faigel, jeune médecin danois hanté par un lourd passé, se retrouve plongé en enfer. Car contrairement à ce qu’en dit la propagande allemande, les conditions de vie dans ce camp de concentration sont terribles, et la ville sert de zone de transit vers les camps d’extermination. Daniel passe ses journées à essayer d’arracher à la mort et aux déportations vers l’est quelques-uns de ses patients. Parmi eux se trouve Ludmilla. L’improbable amour qui nait entre eux leur donne à chacun la force de supporter un quotidien ponctué par la peur de faire partie du prochain convoi, dont on sait qu’on ne reviendra pas."

Voici mon premier livre de la rentrée littéraire et je remercie le site News Book et les éditions Presses de la cité pour ce partenariat.

Terezin Plage est un roman basé sur des faits réels et sur la vie de Ralph Oppenheim au camp de Terezin. Les nazis ont voulu en faire une sorte de façade pour les organismes humanitaires : activités culturelles, hôpitaux, maisons, bref, une colonie juive qui se veut libre et qui abrite des juifs célèbres (musiciens, écrivains, etc.). La réalité est tout autre bien sûr : baraquements, famine, épidémies. Le camp de Terezin a fait beaucoup de victimes et il a également servi de camp de transit vers les camps d'extermination.
Daniel, jeune médecin danois se retrouve donc dans ce camp. Le récit alterne entre sa vie sur place et des souvenirs de son passé. 
Terezin Plage décrit l'horreur des camps de concentration : les baraquements surpeuplés, la faim et le froid, etc. Daniel en tant que médecin travaille dans l'un des hôpitaux du camp : les maladies sont partout, les patients sont tellement nombreux qu'ils dorment dans les couloirs ou les escaliers. Et puis, il y a les convois et la peur de voir son nom ou celui d'un proche inscrit sur la liste.

Mais au delà de cette description, Morten Brask met surtout en avant la rencontre entre Daniel et Ludmilla, et l'histoire d'amour qui, malgré la situation tragique, va leur permettre de supporter plus facilement leur destin.
Au fil de leur histoire, Daniel se rappelle son enfance entre un père, juge à la cour suprême, très autoritaire, et une mère dépressive. 
"Je lui montre mon vieil album de photographies. Dans les moments fébriles que j'avais passés dans mon appartement, me préparant à fuir vers la Suède, cet album avait été la seule chose importante qu'il me soit venu à l'idée d'emporter."

Les sujets du livre sont difficiles mais Morten Brask les adoucit avec cette belle histoire d'amour et une écriture simple et fluide. Un nouveau récit sur la seconde guerre mondiale et notamment sur le sort des juifs danois, presque tous déportés dans ce camp de Terezin. Il s'agit du premier livre de fiction de Morten Brask, une belle réussite.

Quelques infos sur le camp de Terezin ici.

dimanche 31 juillet 2011

Le don d'Anna de Cecilia Samartin

"Adam va mourir. Avec lui Anna perd son grand amour. Eux qui avaient mis tant d’années à se l’avouer…
Alors elle se souvient, elle repense à sa vie passée, et aux événements qui l’ont menée là : son enfance dans un Salvador en proie à la guerre civile, le massacre de sa mère et des habitants de son village par la junte, l’orphelinat, l’exil vers les États-Unis, le couvent…
Puis cette décision de sœur Josepha de la placer comme nourrice pour s’occuper des deux enfants d’Adam et Lillian Trevis, riche famille californienne. Comment imaginer qu’elle en deviendrait le véritable ange gardien ?
Lorsque Lilian quitte le domicile conjugal, Adam avoue à Anna les sentiments qu’il lui porte. Mais leur amour est mis à mal par les réactions de la famille. Anna se fixe un dernier but : réconcilier le père et le fils."

Pour commencer, j'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat avec le site Bibliofolie. J'en profite donc pour promouvoir un peu ce nouveau site issu de l'ancienne équipe de Blog O Book. Partenariats, critiques de livre, lectures communes...beaucoup de propositions autour de la lecture. Un site dynamique que je recommande à tout le monde!

Premier partenariat et grand coup de cœur.
Anna veille son grand amour atteint d'un cancer... Les personnes se succèdent dans la grand maison pour venir dire adieu à cet homme respectable et apprécié de tous. Anna se remémore sa vie, les grandes étapes et les rencontres qui l'ont conduites jusqu'à cet instant.
Originaire du Salavador, elle survit, grâce à sa mère, au massacre de tout son village. Recueillie par Sœur Josepha après un nouveau massacre, elle atterrit aux Etats-Unis où elle souhaite s'engager dans les ordres. C'est pour elle une évidence, Dieu l'a épargnée 2 fois pour qu'elle se consacre à Lui.
La mère supérieure souhaite toutefois qu'elle connaisse autre chose que le couvent et la place comme nourrice dans la riche famille Trevis. Les 6 mois prévus se transformeront en 20 ans. Anna devient vite indispensable à cette famille à l'équilibre fragile. Les enfants ont besoin d'elle : le petit garçon Teddy, indomptable par ses parents ou le reste du personnel de la maison, et la petite fille Jessie qui a bien du mal à trouver sa place au sein de la famille. Mais le rôle d'Anna va aller bien plus loin que son emploi de nourrice. Elle va devenir la confidente de la maison, celle auprès de qui chacun cherche du réconfort et de l'apaisement. Anna va également découvrir des sentiments qu'elle n'imaginait pas ressentir un jour. Elle repoussera toujours son départ, jusqu'au jour où, les enfants partis faire leurs études et les parents divorcés, elle annoncera enfin sa décision de partir à M. Trevis. Sa vie va alors prendre un dernier virage inattendu.

Une histoire émouvante et bouleversante. Anna est une personne hors de commun. On comprend tout à fait son envie de devenir religieuse, elle semble faite pour ça : douce, humble, dévouée et totalement altruiste. C'est assez incroyable de voir à quel point elle se sacrifie pour les autres, oubliant ses propres sentiments et ses propres envies. Elle fait toujours passer le bonheur des autres avant le sien. La famille Trevis va pourtant la mettre à rudes épreuves, les embuches seront nombreuses mais elle ne sortira jamais de sa ligne de conduite. Pourtant, je me suis surprise vers la fin à souhaiter qu'elle fasse une entorse, s’énerve un bon coup pour remettre chacun à sa place, et leur ouvrir les yeux sur leur comportement et leur égoïsme. Elle va le faire un tout petit peu mais toujours de sa manière douce et prévenante.
L'écriture de Cecilia Samartin est à l'image d'Anna : douce, fluide et émouvante. Je n'ai pas relevé de citation en particulier car à mon sens, tout le roman mérite d'être cité!!
Une histoire débordante d'amour, d'émotions et de sagesse. Anna embellit et apaise la vie de son entourage. Le livre embellit et apaise la vie de son lecteur.

Si je ne vous ai pas totalement convaincu, vous pouvez lire les premières pages sur le site des éditions L'Archipel.

Merci aux éditions L'Archipel et à Bibliofolie pour ce partenariat et cette magnifique découverte.

lundi 20 juin 2011

"La fin du monde, avant le lever du jour" de Inio Asano

 Juste avant la clôture des inscriptions pour "masse critique spécial BD sur Babelio", je me suis dit "aller, pourquoi pas? Une BD ça changera!" Je suis tombée sur cette 4ème de couverture :
"Les histoires du recueil ne sont pas toujours roses. Elles nous racontent l'histoire de collégiens, d'un père qui se fait licencier, d'une jeune femme qui retrouve une ancienne lettre qu'elle a écrite elle-même cinq ans auparavant, ...
Ces petits bouts de récits sont un apprentissage de la vie. Ils nous poussent à toujours aller de l'avant malgré les hauts et les bas du quotidien." 
L'image de la couverture était elle aussi très attrayante!
Je me suis donc inscrite et je l'ai reçu!

J'ai d'abord été surprise par le format, puis par le fait que c'était un manga...Alors dans quel sens je le prends et comment je lis ça???!! Un peu d'appréhension dans les premières pages et puis finalement je me suis habituée et je l'ai lu d'une traite!
Dans le livre, Inio Asano explique que ses mangas sont des Seinen, des mangas pour des post-ados. J'irai plus loin en disant que ce livre s'adresse aux trentenaires qui s'éloignent de plus en plus de leur vie d'ado. Les souvenirs d'enfance s'estompent et on cherche un sens à sa vie pour le futur.
Des histoires courtes, très réalistes, pleines de sens et de sentiments. Un père qui a perdu son boulot et ne comprend plus ses enfants devenus ados, des retrouvailles entre anciens élèves qui font remonter les souvenirs et les promesses d'enfants,  un jour de congé morose...autant de petites histoires dans lesquelles chacun peut se retrouver.
J'ai particulièrement aimé Quotidien et déprimes d'Eiko à l'imagination débordante  et Un monde formidable. 
A la fin du livre, Inio Asano explique chacune des ses histoires en quelques phrases  et je le trouve bien dur avec lui-même. D'un œil très critique, il nous fait part de son regard sur son travail.
Une jolie découverte et une très belle première expérience de manga. Moi qui ne voyait dans le mot "manga" que le Dragon Ball Z de mon enfance, je suis agréablement surprise de constater que ce n'est pas que cela!
Je pensais mettre ce livre à échanger mais finalement je vais le garder pour permettre à d'autres novices de découvrir un manga poétique et touchant.

Merci à Babelio et aux éditions Kana pour ce partenariat. 

lundi 16 mai 2011

"Fille des frontières" de Fatéma Hal

"Étonnant destin que celui de Fatéma Hal, entre sa naissance à Oujda et son installation à Paris, où elle a créé son célèbre restaurant Le Mansouria. Entre-temps, après un mariage à dix-huit ans, trois enfants, des études à l'université de Vincennes, un divorce et de multiples engagements dans le monde associatif, elle aura entrepris un travail de plusieurs décennies auprès des cuisinières de son pays pour recueillir leur fabuleux héritage.
Fatéma Hal revient sur son enfance, marquée par l"absence de père, dans un univers de femmes : Mansouria, sa mère, sa tante Yamina, chanteuse pour femmes, les Dadas, anciennes esclaves à qui elle rend hommage. Un récit mêlant humour, personnages fantasques, sublimes vengeances, saveurs de la cuisine, youyous, chants d’Oum Kalsoum… mais aussi guerre d’indépendance algérienne, misère, répudiations, immigration…
Née entre le Maroc et l’Algérie, établie en France, ambassadrice de la cuisine marocaine, Fatéma Hal est fille des frontières. Si son histoire nous touche autant, c’est parce qu’elle a su refuser un ordre établi et tracer sa propre route, en veillant toutefois à maintenir un lien entre les pans de sa vie.
Un livre de fidélité aux origines, mais surtout une admirable conquête de liberté."

 Autant le dire tout de suite, ce livre est un très grand coup de cœur pour moi. Si le premier chapitre m'a un peu déroutée, le titre du 2ème m'a captée "Oujda", la ville d'origine de ma meilleure amie. Première accroche, je dévore les descriptions, les ambiances en pensant à elle.
Les 2 grandes "héroïnes" de ce livre sont les femmes et la cuisine.
La première partie retrace la vie de l'auteur, Fatéma Hal, lorsqu'elle est encore au Maroc. Elle raconte de façon non chronologique mais plutôt au gré de portraits des femmes de son enfance ou d'évènements / coutumes marocaines. Sa vie de petite fille a été difficile, avec très peu d'amour et beaucoup d'indifférence, jusqu'à fuguer pendant 3 jours sans que personne ne s'inquiète pour elle."Dans ma vie, j'ai très souvent eu l'impression de n'être qu'un mirage". Finalement sa mère ne lui a fait qu'un seul cadeau : son instruction, et un laisser passer : son mariage avec un homme d'origine marocaine mais né en France. Un mariage arrangé qui ne l'a pas rendue heureuse mais qui a eu le mérite de la faire venir en France.
La deuxième partie, sa vie en France, n'est pas beaucoup plus facile que la première. Mariée à 15 ans, elle s'ennuie et se retrouve très jeune mère de 3 enfants. Elle a finalement l'opportunité de s'inscrire à l'université de Vincennes, en ethnologie. Dans les années 70, cette fac était le haut lieu du militantisme! Les décalages avec sa vie et son pays sont énormes. Les jeunes français qui n'ont jamais manqué de rien font les rebelles et veulent vivre comme les pauvres. "Chez nous, on apprend à dire oui à tout, et ici ils ne savent que dire non!". Décalage également entre sa vie d'étudiante et celle après les cours de femme mariée avec 3 enfants.

Fatéma Hal est avant tout une ethnologue "féministe". Elle a occupé plusieurs emplois en lien avec l'intégration des femmes marocaines en France. Cette "face" de sa personnalité enrichi son récit, lui donne une crédibilité.

Et la cuisine alors? Elle est présente partout ! Je préfère vous prévenir, en plongeant dans ce livre, vos papilles vont vous titiller et vos narines se dilater! Vous aurez l'eau à la bouche car l'écriture de Fatéma Hal illumine vos sens des mille et une couleurs et senteurs de la cuisine marocaine. Un vrai délice!
La cuisine est, pour elle, le vrai pouvoir des femmes "Car cuisiner est avant tout un acte d'amour et un langage que les femmes ont développer par delà les âges pour exprimer leurs sentiments. Dans ce domaine, elles ont le pouvoir absolu. Je ne suis pas devenue cuisinière par hasard...". 
La cuisine elle va en faire son métier et malgré de belles connaissances, de gens souvent haut placés, cela représentera encore un vrai défi et une longue période où les fins de mois furent difficiles.
Sa vie a toujours été semée d'embuches mais sa volonté, sa force et son courage l'ont portée pour arriver à son but. Ces valeurs, elle souhaite les transmettre pour que toutes les femmes du monde arabe sachent que l'on peut y arriver à force de volonté. Elle a terminé son livre aux débuts des mouvements qui ont soulevé les pays arabes et elle "remarque une chose : les femmes sont partout présentes. Alors que l'on ne cesse de dénoncer l'infériorité de la femme dans le monde arabe, les images montrent au contraire qu'elles luttent en première ligne pour rétablir la dignité du peuple.

Je l'avais bien dit : un vrai coup de cœur entre conte des mille et une nuits et véritable poème. Les mots arabes font chanter ce livre au rythme des youyous...
Reste plus qu'à programmer un déjeuner au Mansouria lors d'un prochain passage à Paris!
Je pense que je vais beaucoup offrir ce livre accompagné de l'un des livres de recettes de Fatéma Hal, car c'est un supplice de le lire sans déguster un bon couscous!

Et plein de pensées pour ma très chère Zakïa... 

Merci à Babelio et aux éditions Philippe Rey pour ce partenariat

samedi 9 avril 2011

"Le jeu de l'ombre' de Sire Cédric

"Mais que pouvait bien chercher Malko Swann cette nuit-là ? Une overdose d'adrénaline, la sensation ultime, le sentiment de liberté ?

Pourquoi roulait-il aussi vite en pleine nuit sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu'à faire une chute de trente mètres en bas du pont du Diable ?
Atteint d'un traumatisme inexplicable, le musicien est désormais incapable d'entendre la musique. Mais il ne s'agit que du début de sa déchéance. Dans l'ombre, quelqu'un l'observe... quelqu'un qui veut jouer avec lui. Un jeu au goût de sang... Il s'engage alors dans un combat désespéré."

J'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat avec Blog o Book. J'ai postulé car la lecture du résumé m'a plu mais je ne connaissais pas du tout l'auteur. En attendant le livre, j'ai regardé un peu sur internet les critiques de ses livres précédents et je me suis fait peur en voyant qu'il était auteur fantastique...aïe aïe aïe, pas du tout ma tasse de thé...
Voulant tout de même honorer mon partenariat, j'ai tenté...et finalement rien à voir avec du fantastique suréaliste!!
Ce livre est un polar avec des crimes bien réels, des policiers et des suspects en chair et en os!!
Bien sûr, il plane un sentiment étrange et la fin est à califourchon entre réelles hallucinations ou éléments paranormaux...chacun penchera du côté qu'il souhaite!
Je me suis laissée porter par le rythme de l'enquête et les dérives de Malko, chanteur traumatisé par un accident de voiture. Sire Cédric a une écriture simple et fluide, on accroche facilement.
L'intrigue reste cependant assez simple et les personnages peu nombreux, on se doute rapidemment de l'issue malgré un petit rebondissement final.
Une petite remarque pour la relecture avant impression...il manque beaucoup de petits mots... Au début je me suis dit que ce n'était qu'une erreur et au bout de 3 ou 4 j'ai trouvé ça carrément gros, un peu gonflé vis à vis des lecteurs...

Je ne tenterai pas les livres précédents qui sont apparement beaucoup plus fantastiques mais j'ai quand même passé un bon moment de lecture...

Merci à BOB et aux éditions Le pré aux clercs pour ce partenariat.

samedi 19 février 2011

"Le grand Quoi" de Dave Eggers

"Valentino n'a pas 8 ans lorsqu'il est contraint de fuir Marial Bai, son village natal, traqué par les cavaliers arabes, ces miliciens armés par Khartoum. Comme des dizaines de milliers d'autres gosses, le jeune Soudanais va parcourir à pied des centaines de kilomètres pour échapper au sort des enfants soldats et des esclaves. Valentino passera ensuite plus de dix ans dans des camps de réfugiés en Ethiopie et au Kenya, avant d'obtenir un visa pour l'Amérique. Ironie du sort, son départ était prévu le 11 septembre 2001. Quelques jours plus tard, il s'envolera enfin pour Atlanta. Dans une nouvelle jungle, Valentino l'Africain découvre une face inattendue du racisme. Cette nouvelle existence pourrait bien se révéler aussi périlleuse que la survie dans des contrées ravagées par la guerre. " Dave Eggers a recueilli le témoignage de Valentino Deng, Soudanais ayant fuit son village aux premières heures du conflit opposant le Nord, Khartoum, au Sud Soudan et ses villages traditionnels. Valentino n'avait que huit ans...
Le récit alterne entre la vie actuelle de Valentino aux Etats-Unis et son histoire. Il aurait pu être larmoyant, pathos...il n'en est rien, bien au contraire, il est simple mais bouleversant. Dave Eggers décrit certaines scènes d'une atrocité inimaginable, comme la masacre du fleuve Gilo, sans entrer dans des détails gores, on imagine l'horreur de ce moment.
L'histoire de Valentino et à travers lui de milliers d'enfants soudanais, est impressionnante : son village a été attaqué par les Musulmans envoyés par Khartoum, il est resté caché pendant que d'autres se faisaient tués sous ses yeux. Séparés de ses parents, des ses amis, il rejoint des groupes d'enfants et commencent alors de longs jours de marche. La faim, la soif, les attaques...la mort présente tous les jours. La vie ne tient qu'à un fil : l'espoir d'un jour meilleur, l'espoir qu'un jour cette guerre s'arrête pour retourner dans son village natal.
Valentino a rejoint l'Ethiopie puis le Kenya où il va passer des années dans un camp de réfugiés...des années. En commençant ce livre, je n'avais pas consience que tout ceci durait depuis si longtemps...
Au bout de 8 ans, les Etats-Unis ont commencé à sortir les enfants de ce camp de Kakuma pour leur donner leur chance sur le sol américain. Loin d'y trouver le bonheur imaginé, ils affrontent alors le racisme, la violence et la haine. Le décalage est si grand que beaucoup perdront pied pour sombrer dans les addictions (drogue, alcool, jeux...).
Un témoignage important pour que le monde reste en alerte pour tous ces réfugiés, du Soudan ou d'ailleurs, encore si loin de leur pays.
Le grand Quoi a reçu le prix médicis étranger 2009 et tous les bénéficent de la vente du livre sont reversés à la Fondation Valentino Achak Deng.
Vous pouvez visiter le site www.valentinoachakdeng.com
Merci BOB et les éditions folio pour ce livre magnifique qui m'a beaucoup apporté.

lundi 31 janvier 2011

"Géotropiques" de Johary Ravaloson

"« Je », surfeur devant l’Éternel et dans l’océan Indien, Malgache vivant à La Réunion, avec son grand amour, B. L’histoire commence légère, facile, comme une vague, sous le soleil et le vent docile. Mais la rugosité de la vie s’en mêle. « Je » lit les carnets laissés par Andy. Carnets qui racontent l’histoire d’amour entre B., la Française, et Andy, le Malgache, sur fond de manifestations d’étudiants à Paris, puis d’un retour à Madagascar. Des sensibilités se heurtent, des individualités se découvrent…" Le première partie n'est pas légère et facile comme l'annonce le résumé... : une écriture hachée, on passe d'un sujet à un autre sans savoir de quoi on parle... Arrivée vers 60 pages, je me suis réellement demandée si j'allais continuer...si ce livre n'était pas uniquement à destination des surfeurs. Un style certes mais dur dur d'accrocher. L'auteur lui-même l'annonce : "Dégager un fil plus évident dans ce récit. Certains voudraient peut-être que cela soit efficace comme un film Hollywoodien!". Oh oui lui ai-je répondu...sinon j'arrête!! Et heureusement, la 2ème partie est plus fluide, plus facile à lire et à suivre. On y trouve enfin le lien avec Madagascar et on suit notre surfeur (avant qu'il n'en soit un!) dans sa "particulière" rencontre avec son grand amour B. On en apprend un peu sur Madagascar et La Réunion mais pas assez à mon goût. J'aime voyager avec les livres et là je reste un peu sur ma faim. L'auteur nous parle de sa condition d'immigré à La Réunion...pourtant pas si loin de son île natale. On voyage un peu dans les contrées reculées de Madagascar, leurs traditions et coutumes. Et on constate qu'elle ne résiste pas comme le reste du monde à l'appel de l'argent et du trafic... Bilan mitigé donc pour cette lecture...peut-être que les surfeurs s'y retrouveront plus! Merci BOB et les éditions Vents d'ailleurs.

vendredi 14 janvier 2011

"L'Atlantique en 54 jours...

Elles l'ont conquis à la force des bras" "Le 5 juillet 2009, trois championnes de sauvetage sportif se sont élancées en relais, sur une planche au ras de l’eau, pour traverser l’Atlantique Nord de l’Ile de Cape Breton au Canada à Capbreton en France, dans les Landes. Stéphanie Geyer-Barneix, Alexandra Lux et Flora Manciet ont ramé, à la seule force de leurs bras, 21heures sur 24 pendant 54 jours. Un voilier, « passagers du vent » et ses cinq membres d’équipage ont assuré leur sécurité. Cet ouvrage retrace leur exploit au travers d’extraits du dialogue qui s’est instauré entre les rameuses, les cinq témoins de leur défi et leurs supporters. de nombreuses photos viennent illustrer ces échanges forts en émotion." Je m'attendais à recevoir un livre récit de cette traversée et en fait j'ai reçu un magnifique album photos de famille!! Format original, belle couverture...j'ai tout de suite plongé dedans...c'est le cas de le dire!! Je n'avais pas suivi cette traversée en 2009, occupée sur d'autres fronts, j'ai donc découvert cette aventure au fil des pages, j'ai également découvert un sport que je ne connaissais pas : le sauvetage côtier. C'est court, trop court!! On en redemande!! On fait vite connaissance avec les 3 héroïnes et leurs 5 coéquipiers de choc. On suit au jour le jour chaque mile parcouru, les tempêtes, les rencontres avec les baleines, les dauphins, etc. Formidable aventure sportive et humaine. Un vrai bon moment : les photos sont magnifiques et les textes alternent entre les commentaires des rameuses et de l'équipe, et les petits mots laissés par leurs supporters. Un livre à laisser sur sa table basse pour le faire découvrir aux gens de passage!! Merci à Babelio et aux éditions passiflore pour ce partenariat. Lien vers une petite vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xc9huo_clip-cap-odyssee_sport

"Un jardin sur le ventre" Fabienne Berthaud

"C’est l’histoire ordinaire de gens ordinaires dans une région où il ne fait ni beau ni mauvais. C’est l’histoire d’un peu tout le monde. L’histoire d’une vie fauchée. D’un amour qui s’arrête. D’une mère qui part. D’un mari qui devient veuf. D’un veuf qui ne veut pas le rester. C’est l’histoire de gens qui ne se comprennent pas. D’une sœur qui regrette. D’un frère qui revient. Il y a des petits-enfants qui souffrent, qui se taisent. Des filles qui pleurent, qui fument et des chiens qui aboient. C’est l’histoire banale de la vie et de la mort."

Une histoire ordinaire, mais tellement émouvante... Un décès et tout bascule pour ceux qui restent. Les souvenirs surgissent et se bousculent. Une fille pense à sa mère, à sa vie, à ses malheurs et ses petits bonheurs...

L'écriture est délicate et les enchainements agréables : passé, présent, on passe de l'un à l'autre facilement, les 2 sont liés... Suzanne meurt à 70 ans et laisse sont mari et ses 2 filles. Mais ce décès n'est-il pas une délivrance finalement? La vie de Suzanne a commencé dans un foyer où on l'a laissée dans un coin...le ton est donné, la vie de Suzanne est un long, long chemin à la recherche du bonheur...

Il y a mémère, Jackie, Bertrande, Tonio, Franck, Gabrielle, Marie...des gentils, des durs, des fragiles... On s'attache, on s'énèrve, on voudrait la voir heureuse notre Suzanne, prendre ses clics et ses claques et vivre sa vie à elle, celle dont elle rêvait...

Elle était dévouée pour les autres, et surtout pour ses filles, et finalement qui y a-t-il de plus beau que l'amour de ses enfants?? Et ce récit-là est rempli d'amour, l'amour d'une fille pour sa mère... Une belle découverte! Merci BOB et les éditions Hugo et Cie!!