dimanche 31 juillet 2011

Le don d'Anna de Cecilia Samartin

"Adam va mourir. Avec lui Anna perd son grand amour. Eux qui avaient mis tant d’années à se l’avouer…
Alors elle se souvient, elle repense à sa vie passée, et aux événements qui l’ont menée là : son enfance dans un Salvador en proie à la guerre civile, le massacre de sa mère et des habitants de son village par la junte, l’orphelinat, l’exil vers les États-Unis, le couvent…
Puis cette décision de sœur Josepha de la placer comme nourrice pour s’occuper des deux enfants d’Adam et Lillian Trevis, riche famille californienne. Comment imaginer qu’elle en deviendrait le véritable ange gardien ?
Lorsque Lilian quitte le domicile conjugal, Adam avoue à Anna les sentiments qu’il lui porte. Mais leur amour est mis à mal par les réactions de la famille. Anna se fixe un dernier but : réconcilier le père et le fils."

Pour commencer, j'ai reçu ce livre dans le cadre d'un partenariat avec le site Bibliofolie. J'en profite donc pour promouvoir un peu ce nouveau site issu de l'ancienne équipe de Blog O Book. Partenariats, critiques de livre, lectures communes...beaucoup de propositions autour de la lecture. Un site dynamique que je recommande à tout le monde!

Premier partenariat et grand coup de cœur.
Anna veille son grand amour atteint d'un cancer... Les personnes se succèdent dans la grand maison pour venir dire adieu à cet homme respectable et apprécié de tous. Anna se remémore sa vie, les grandes étapes et les rencontres qui l'ont conduites jusqu'à cet instant.
Originaire du Salavador, elle survit, grâce à sa mère, au massacre de tout son village. Recueillie par Sœur Josepha après un nouveau massacre, elle atterrit aux Etats-Unis où elle souhaite s'engager dans les ordres. C'est pour elle une évidence, Dieu l'a épargnée 2 fois pour qu'elle se consacre à Lui.
La mère supérieure souhaite toutefois qu'elle connaisse autre chose que le couvent et la place comme nourrice dans la riche famille Trevis. Les 6 mois prévus se transformeront en 20 ans. Anna devient vite indispensable à cette famille à l'équilibre fragile. Les enfants ont besoin d'elle : le petit garçon Teddy, indomptable par ses parents ou le reste du personnel de la maison, et la petite fille Jessie qui a bien du mal à trouver sa place au sein de la famille. Mais le rôle d'Anna va aller bien plus loin que son emploi de nourrice. Elle va devenir la confidente de la maison, celle auprès de qui chacun cherche du réconfort et de l'apaisement. Anna va également découvrir des sentiments qu'elle n'imaginait pas ressentir un jour. Elle repoussera toujours son départ, jusqu'au jour où, les enfants partis faire leurs études et les parents divorcés, elle annoncera enfin sa décision de partir à M. Trevis. Sa vie va alors prendre un dernier virage inattendu.

Une histoire émouvante et bouleversante. Anna est une personne hors de commun. On comprend tout à fait son envie de devenir religieuse, elle semble faite pour ça : douce, humble, dévouée et totalement altruiste. C'est assez incroyable de voir à quel point elle se sacrifie pour les autres, oubliant ses propres sentiments et ses propres envies. Elle fait toujours passer le bonheur des autres avant le sien. La famille Trevis va pourtant la mettre à rudes épreuves, les embuches seront nombreuses mais elle ne sortira jamais de sa ligne de conduite. Pourtant, je me suis surprise vers la fin à souhaiter qu'elle fasse une entorse, s’énerve un bon coup pour remettre chacun à sa place, et leur ouvrir les yeux sur leur comportement et leur égoïsme. Elle va le faire un tout petit peu mais toujours de sa manière douce et prévenante.
L'écriture de Cecilia Samartin est à l'image d'Anna : douce, fluide et émouvante. Je n'ai pas relevé de citation en particulier car à mon sens, tout le roman mérite d'être cité!!
Une histoire débordante d'amour, d'émotions et de sagesse. Anna embellit et apaise la vie de son entourage. Le livre embellit et apaise la vie de son lecteur.

Si je ne vous ai pas totalement convaincu, vous pouvez lire les premières pages sur le site des éditions L'Archipel.

Merci aux éditions L'Archipel et à Bibliofolie pour ce partenariat et cette magnifique découverte.

Lecture de l'été...!

Entre les vacances et la reprise du travail, dur dur de trouver le temps de poster mes lectures!
Je lis, je lis, mais je n'arrive pas à suivre pour les critiques!
Je vais donc faire une petite liste des livres finis, ou en attente sur ma pile, et les posts viendront un peu après!!

Katherine Pancol : les yeux jaunes des crocodiles (je pense que la critique attendra que j'ai lu les 2 autres!!)
Xinran : Baguettes chinoises
Georges Simenon : Sept petites croix dans un carnet.
Cécilia Samartin : Le don d'Anna (partenariat Bibliofolie)
Daniel Glattauer : Quand souffle le vent du nord
Samuel Zaoui : Saint-Denis bout du monde
Audur Ava Olafsdottir : Rosa Candida
Fred Vargas : L'armée furieuse

Je pense profiter de l'absence des enfants pour me rattraper...et lire encore plus!!!

dimanche 24 juillet 2011

"L'ami retrouvé" de Fred Uhlman

"Agé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescense. C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre, qui sera de courte durée, les troubles déclenchés par la venue de Hitler ayant fini par gagner la paisible ville de Stuttgart. Les parents de Hans qui soupçonnent les vexations que subit le jeune homme au lycée, décident de l'envoyer en Amérique, où il fera sa carrière et s'efforcera de rayer de sa vie et d'oublier l'enfer de son passé. Ce passé qui se rappellera un jour à lui de façon tragique."
 
Beaucoup d'émotion et de vérité dans ce livre pourtant très court. C'est l'histoire d'une amitié, entre 2 jeunes garçons, mise à mal par l'Histoire... Ils fréquentent tous les 2 un collège huppé et sont issus de familles respectables, mais l'un est juif, et l'autre, non seulement n'est pas juif, mais sa mère approuve les pensées hitlériennes. 
Les premiers mois de guerre vont creuser un fossé entre ce jeune juif et ses camarades de classe. Ses parents vont préférer l'envoyer aux Etats-Unis pour lui épargner le sort réservé aux juifs. Il apprendra, bien des années plus tard, le destin de ses anciens camarades et de son meilleur ami.

De son écriture simple, Fred Uhlman, nous livre un petit bijou qui permet de mieux appréhender la montée du nazisme. Ce livre est souvent conseillé aux adolescents dans les collèges et lycées...et je ne le lis que maintenant...quel dommage! 

mercredi 29 juin 2011

"La route" de Cormac Mc Carthy

"Dans un décor post-apocalyptique, un homme et un enfant marchent sur une route. Pour seuls bagages, ils poussent un caddy rempli de vieilles couvertures, de quelques boîtes de conserves et d'une lampe à pétrole. Ils vont vers le Sud, dans l'espoir de trouver d'autres personnes comme eux, rares survivants de la fin du monde n'étant pas encore retournées à la barbarie."
Édition spéciale gagnée lors d'un concours!

Je ne sais pas si il est encore nécessaire de commenter ce livre...un petit mot quand même!
La route est un livre noir, sombre et dur. Des images grises, sombres, poussiéreuses, d'un monde dévasté.
L'histoire est dure. Il s'agit là de survie : trouver à manger, à boire, mais aussi se cacher de ceux qui sont tomber dans la barbarie. Revenu à l'état "sauvage", chacun fait ses choix de vie : l'homme et l'enfant font partie des gentils qui cherchent à manger partout où ils peuvent et restent parfois plusieurs jours sans manger ou boire. D'autres reviennent à des instincts primaires...de quoi nous rappeler que l'être humain reste bien un animal.
Cette histoire est poignante. Elle nous touche profondément. L'homme a choisi de vivre et de donner une chance à son fils de découvrir un monde meilleur, là où sa femme a préféré mourir.
On suit leur cheminement dans le pays.
Cormac Mc Carthy a adapté son écriture à la situation. Il se contente de l'essentiel : des dialogues réduits au minimum, sans réelle ponctuation, pas de nom (de personne, de lieu), pas de repère temporel. Des enchaînements répétitifs (beaucoup de "et") pour marquer le rythme de cette longue marche. Il ne nous explique pas non plus comment le monde en est arrivé là. Seuls comptent le père et le fils, leur relation, leur amour. Une histoire vraiment émouvante.

Je vais prendre le risque de regarder le film, en espérant ne pas être déçue...mais je fais confiance à Viggo Mortensen!

lundi 27 juin 2011

"Concerto à la mémoire d'un ange" de Eric-Emmanuel Schmitt

"Quel rapport entre une femme qui empoisonne ses maris successifs et un président de la République amoureux ? Quel lien entre un simple marin honnête et un escroc international vendant des bondieuseries usinées en Chine ? Par quel miracle, une image de sainte Rita, patronne des causes désespérées, devient-elle le guide mystérieux de leurs existences ? Tous ces héros ont eu la possibilité de se racheter, de préférer la lumière à l'ombre. À chacun, un jour, la rédemption a été offerte. Certains l'ont reçue, d'autres l'ont refusée, quelques uns ne se sont aperçus de rien."

Eric Emmanuel Schmitt nous offre ici un recueil de 4 nouvelles avec le thème principal de la rédemption. L'histoire de Marie qui a tué ses maris et amants est une belle entrée en matière, pleine d'humour.
J'ai ensuite été très touchée par Greg, ce père de famille, marin, qui apprend en mer que l'une de ses 4 filles est décédée mais il ne sait pas laquelle...Quel déchirement pendant les 3 jours avant le retour sur terre...3 jours de réflexion sur l'amour et le rôle de père.
Pour terminer, la troisième histoire, une rivalité entre jeunes musiciens, est un peu poussée à l’extrême, mais celle à l’Élysée paraît, elle, très réaliste. Un délice d'humour et de trahison!!

Le recueil se termine par le journal d'E.E. Schmitt où il nous entraine dans ses réflexions sur son écriture, sur ses nouvelles. On comprend ses choix d'histoires et de personnages, les liens qu'il tisse entre chacune des nouvelles. Un bel éclairage.

lundi 20 juin 2011

"La fin du monde, avant le lever du jour" de Inio Asano

 Juste avant la clôture des inscriptions pour "masse critique spécial BD sur Babelio", je me suis dit "aller, pourquoi pas? Une BD ça changera!" Je suis tombée sur cette 4ème de couverture :
"Les histoires du recueil ne sont pas toujours roses. Elles nous racontent l'histoire de collégiens, d'un père qui se fait licencier, d'une jeune femme qui retrouve une ancienne lettre qu'elle a écrite elle-même cinq ans auparavant, ...
Ces petits bouts de récits sont un apprentissage de la vie. Ils nous poussent à toujours aller de l'avant malgré les hauts et les bas du quotidien." 
L'image de la couverture était elle aussi très attrayante!
Je me suis donc inscrite et je l'ai reçu!

J'ai d'abord été surprise par le format, puis par le fait que c'était un manga...Alors dans quel sens je le prends et comment je lis ça???!! Un peu d'appréhension dans les premières pages et puis finalement je me suis habituée et je l'ai lu d'une traite!
Dans le livre, Inio Asano explique que ses mangas sont des Seinen, des mangas pour des post-ados. J'irai plus loin en disant que ce livre s'adresse aux trentenaires qui s'éloignent de plus en plus de leur vie d'ado. Les souvenirs d'enfance s'estompent et on cherche un sens à sa vie pour le futur.
Des histoires courtes, très réalistes, pleines de sens et de sentiments. Un père qui a perdu son boulot et ne comprend plus ses enfants devenus ados, des retrouvailles entre anciens élèves qui font remonter les souvenirs et les promesses d'enfants,  un jour de congé morose...autant de petites histoires dans lesquelles chacun peut se retrouver.
J'ai particulièrement aimé Quotidien et déprimes d'Eiko à l'imagination débordante  et Un monde formidable. 
A la fin du livre, Inio Asano explique chacune des ses histoires en quelques phrases  et je le trouve bien dur avec lui-même. D'un œil très critique, il nous fait part de son regard sur son travail.
Une jolie découverte et une très belle première expérience de manga. Moi qui ne voyait dans le mot "manga" que le Dragon Ball Z de mon enfance, je suis agréablement surprise de constater que ce n'est pas que cela!
Je pensais mettre ce livre à échanger mais finalement je vais le garder pour permettre à d'autres novices de découvrir un manga poétique et touchant.

Merci à Babelio et aux éditions Kana pour ce partenariat. 

dimanche 19 juin 2011

"L'étoile de Strindberg" de Jan Wallentin

"Le corps d'un homme est retrouvé au fond d'une mine inondée en Suède, dans un état de conservation exceptionnel. Invité sur un plateau de télévision, Erik Hall, le plongeur à l'origine de cette découverte, rencontre Don Titelman, un historien taciturne, spécialisé dans les mythes et symboles occultes. À l'abri des oreilles indiscrètes, Hall lui confie que le cadavre de la mine tenait dans ses mains une croix qu'il a conservée en secret. Il n'a aucune idée de ce qu'il vient d'exhumer. Ni de la tempête que cela va déclencher...
Associée à une étoile, cette croix constitue la clé d'un mystère extraordinaire. Et pour le percer à jour, nombreux sont prêts à risquer leur vie.
Où se cache cette étoile ? de quel mystère est-il question ? Et surtout, pourquoi Titelman, étranger à tout cela, se voit-il précipité malgré lui dans une traque frénétique et meurtrière ?"
 L'étoile de Strindberg est le premier livre de Jan Wallentin, journaliste suédois. C'est aussi mon cadeau de fête des mères!!
 Ce livre est annoncé comme l'un des succès de l'été, dans la lignée du célèbre Da Vinci Code. En effet, nous retrouvons les mêmes ingrédients : une quête effrénée pour un objet symbolique, avec pour toile de fond de grands évènements historiques (guerres mondiales et montée du nazisme). Le personnage principal, Don Titelman, un hypocondriaque shooté aux médicaments de toutes sortes, se retrouve plongé dans cette histoire sans l'avoir voulu. Il sera rejoint dans sa quête par de nombreux personnages tous plus mystérieux les uns que les autres, au passé trouble.
Si je ne me suis pas ennuyée, je n'ai pas non plus été embarquée par ce livre, j'ai d'ailleurs bien du mal à rédiger cette critique. J'ai trouvé le rythme un peu lent, à l'image de son personnage principal. La fin me laisse un peu dubitative mais je ne suis pas fan de l'arrivée du surréalisme dans un livre bien encré dans la réalité.
Bref, pas un grand coup de cœur pour moi mais je ne doute pas de son succès car il présente tous les ingrédients d'un grand livre commercial...ainsi que d'un futur grand succès hollywoodien...c'est d'ailleurs ce que semble espérer son auteur : http://www.etoiledestrindberg.fr/jan-wallentin_interview.php